Combien coûte une maison de retraite ? Le prix affiché ne suffit pas à calculer la facture
Publié par : Élise de Montmirail — Rédactrice spécialisée en seniors & maintien à domicile
Le coût d’une maison de retraite médicalisée, ou EHPAD, se situe souvent entre 1 900 € et plus de 3 500 € par mois. Ce montant ne suffit pourtant pas à prévoir la somme réellement payée par le résident et sa famille. La facture comprend l’hébergement, la dépendance et certains suppléments, tandis que les soins courants sont financés par l’Assurance maladie. Les aides peuvent ensuite réduire le reste à charge.
Un prix mensuel qui change fortement selon l’établissement et le département
Pour savoir combien coûte une maison de retraite, il faut distinguer le tarif annoncé du coût final. Les données tarifaires citées pour 2026 indiquent un prix moyen de 2 620 € par mois en EHPAD. Cette moyenne masque de grands écarts selon les départements et le statut de l’établissement, qu’il soit public, associatif ou privé commercial.
Le tarif d’hébergement varie ainsi de 1 180 € à 7 560 € par mois selon le département. La localisation pèse directement sur la facture : les coûts immobiliers, les charges de personnel et la tension sur l’offre contribuent aux prix plus élevés dans certains territoires urbains. À titre de repère historique, le tarif mensuel médian atteignait 3 231 € dans les Hauts-de-Seine en 2018, contre 1 600 € à 1 700 € dans les secteurs les moins chers.
| Repère tarifaire | Montant cité | Ce qu’il indique |
|---|---|---|
| Prix moyen d’un EHPAD | 2 620 € par mois | Repère global cité pour 2026 |
| Chambre simple habilitée à l’ASH | 68,26 € par jour | Tarif moyen d’hébergement cité pour 2026 |
| Chambre non habilitée à l’ASH | 81,10 € par jour | Tarif moyen d’hébergement cité pour 2026 |
| Fourchette du seul hébergement | 1 180 € à 7 560 € par mois | Variation selon le département |
Une chambre simple coûte généralement plus cher qu’une chambre double. La superficie, la présence d’une salle d’eau privative, la restauration, les espaces extérieurs, les animations et les prestations hôtelières influencent aussi le prix. Pour comparer deux établissements, il faut donc mettre en regard des contrats de séjour proposant des services équivalents, et pas seulement retenir le tarif journalier le plus bas.
Lire la facture : hébergement, dépendance et soins ne sont pas payés de la même façon
La facture d’un EHPAD repose sur trois composantes distinctes. Cette répartition permet de savoir quelles dépenses sont dues par le résident et quelles aides financières peuvent être demandées.

Le tarif d’hébergement, le poste principal
Le tarif hébergement couvre la chambre, les repas, l’entretien des locaux, le blanchissage du linge hôtelier, l’animation, l’administration et les charges de fonctionnement de l’établissement. Il est dû par le résident. Il ne comprend pas forcément le marquage ou l’entretien du linge personnel, la télévision, Internet, la coiffure, la pédicure, les sorties payantes ou certains produits de toilette.
Ces frais facultatifs doivent apparaître clairement dans le contrat de séjour ou dans son annexe tarifaire. Avant l’entrée, demandez la liste des prestations incluses et celle des services facturés en supplément. Cette vérification permet d’éviter qu’un tarif de base peu élevé masque une facture plus importante.
Le tarif dépendance, lié au GIR
Le tarif dépendance finance l’aide nécessaire pour les actes de la vie quotidienne : toilette, habillage, déplacements, accompagnement aux repas ou surveillance. Le niveau d’autonomie est évalué avec la grille AGGIR. Elle classe la personne de GIR 1, qui correspond à une dépendance très importante, à GIR 6, pour une personne autonome.
Les résidents classés en GIR 1 à 4 peuvent demander l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA). Les personnes en GIR 5 ou 6 acquittent le tarif dépendance le plus bas, souvent appelé ticket modérateur. Pour 2026, le tarif dépendance moyen cité est de 19,24 € par jour, soit 577 € par mois, pour les GIR 1-2, contre 6,17 € par jour, soit 185 € par mois, pour les GIR 5-6. L’APA prend en charge une partie du différentiel selon les ressources du résident.
Les soins, financés par l’Assurance maladie
Les soins médicaux et paramédicaux relevant du forfait soins ne sont pas facturés directement au résident. Ils sont pris en charge par l’Assurance maladie. Ce forfait comprend notamment l’intervention de professionnels salariés ou coordonnés par l’EHPAD.
Certains frais peuvent toutefois rester extérieurs au forfait : consultations de spécialistes, honoraires avec dépassement, transports ou équipements. Vérifiez ces points avec l’établissement et la mutuelle pour distinguer les dépenses incluses des frais qui restent à payer.
Le reste à charge : une addition à calculer dans le bon ordre
Le coût net ne se résume pas à une soustraction entre la retraite et le prix de l’EHPAD. Une hausse du tarif d’hébergement augmente le besoin de financement et peut modifier l’intérêt d’une aide au logement ou de l’ASH. Un changement de GIR peut aussi faire évoluer l’APA. Pour obtenir une estimation réaliste, il faut donc prendre en compte les tarifs applicables, l’évaluation de l’autonomie, les ressources du foyer et le statut exact de l’établissement.
- Relevez le tarif hébergement journalier et le tarif dépendance correspondant au GIR du résident.
- Ajoutez les frais récurrents réellement souhaités : linge personnel, téléphone, télévision, Internet, coiffure ou sorties.
- Déduisez l’APA si le résident est classé en GIR 1 à 4.
- Estimez ensuite l’aide au logement, puis l’ASH lorsque les conditions sont réunies.
- Tenez enfin compte de la réduction d’impôt lors de la déclaration annuelle, sans la confondre avec une baisse immédiate de la facture.
La pension moyenne de droit direct citée par la Drees est de 1 496 € par mois. Face à un coût moyen d’EHPAD de 2 620 €, l’écart peut être important. Les économies du résident, les revenus du conjoint, les aides et, dans certaines situations, la participation de la famille peuvent alors contribuer au financement.
Les aides à demander avant ou dès l’entrée en EHPAD
APA, APL ou ALS : réduire dépendance et logement
L’APA concerne les personnes de 60 ans ou plus classées en GIR 1 à 4. Son montant dépend du GIR et des ressources. Les plafonds mensuels cités vont de 674,27 € en GIR 4 à 1 742,34 € en GIR 1. La demande s’effectue auprès du conseil départemental. L’aide peut être versée directement à l’établissement.
L’APL est envisageable si l’EHPAD est conventionné. À défaut, l’ALS peut parfois être demandée. Le dossier relève de la CAF ou de la MSA, selon le régime de protection sociale. Pour l’APL, la chambre individuelle doit notamment atteindre 9 m², ou 16 m² pour un couple. Le montant dépend des ressources, du prix du logement et de la situation familiale.
ASH et participation des proches
L’aide sociale à l’hébergement (ASH) s’adresse aux personnes dont les ressources sont insuffisantes et qui résident dans un établissement habilité à l’aide sociale. Elle peut être sollicitée à partir de 65 ans, ou dès 60 ans en cas d’inaptitude au travail. La demande doit idéalement être déposée avant l’entrée ou dans les deux mois qui suivent. Le résident conserve au minimum 10 % de ses revenus.
Lorsque les ressources ne suffisent pas, le conjoint est tenu par le devoir de secours. Les enfants et, selon les situations, d’autres obligés alimentaires peuvent également être sollicités. Leur contribution n’est ni automatique ni identique pour tous : elle dépend de leurs ressources et de leurs charges. En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales peut être saisi.
Enfin, les personnes imposables peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt égale à 25 % des dépenses d’hébergement et de dépendance retenues, dans la limite de 10 000 € par an. L’avantage maximal cité est donc de 2 500 € par résident.
Comparer un séjour permanent, temporaire ou un accueil de jour
L’hébergement permanent répond à un besoin d’installation durable. L’hébergement temporaire permet un séjour limité, souvent après une hospitalisation ou pour relayer un aidant. Son prix n’est pas nécessairement inférieur : le coût moyen cité est de 2 350 € par mois dans un établissement habilité à l’ASH, contre 2 530 € dans un établissement non habilité.
Environ 50 % des établissements appliquent le même tarif qu’en séjour permanent, 40 % un tarif supérieur et 7 % un tarif inférieur. Une majoration peut atteindre 80 € par jour dans certains cas, soit jusqu’à 2 400 € par mois. Avant de réserver, demandez le tarif total, les frais d’admission éventuels, le dépôt de garantie, les modalités d’absence et les conditions de sortie.
L’accueil de jour répond à une autre organisation. La personne vit à domicile et rejoint l’établissement une ou plusieurs journées. Cette formule peut réduire la charge de l’aidant sans entraîner le coût d’un hébergement complet.
Le bon choix ne consiste donc pas uniquement à trouver l’EHPAD le moins cher. Il faut comparer le contrat de séjour, l’habilitation ASH, le conventionnement APL, le niveau de dépendance et les aides possibles pour connaître, avant l’entrée, le reste à charge réellement supportable.
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